Les secondes sont l'indication la plus révélatrice d'un mouvement : il suffit de regarder comment se déplace cette aiguille pour comprendre ce qui se trouve sous le cadran. Un mouvement mécanique traditionnel pulse à des fractions de seconde et l'aiguille avance par à-coups réguliers, dont la fréquence dépend du nombre d'oscillations du balancier. Un Spring Drive de Grand Seiko, en revanche, produit une rotation continue et parfaitement fluide car la régulation est confiée à un frein électromagnétique, non à une ancre mécanique. Ces deux réponses visuelles opposées racontent des architectures profondément différentes.
Les secondes peuvent être affichées en trois positions principales : au centre du cadran, dans un compteur de secondes auxiliaire à 6 heures (les soi-disant petites secondes ou sous-cadrans), ou en disposition régulateur, où les minutes occupent le centre, les heures sont à 12 heures et les secondes à 6 heures. Ce dernier schéma, né des chronomètres de précision du XVIIIe siècle, permet une lecture séparée et immédiate de chaque indication, éliminant le chevauchement visuel typique du cadran conventionnel. Certains fabricants l'appellent semi-régulateur quand les heures et les secondes partagent un même sous-cadran.
Les secondes battantes, ou secondes mortes, est une solution mécaniquement plus complexe : un mécanisme indépendant, souvent avec son propre ressort moteur séparé, force l'aiguille à avancer exactement une fois par seconde, imitant le comportement des chronomètres de marine de John Arnold. La Grönefeld One Hertz et la Garrick S3 en sont des exemples récents ; dans le Constant Force Tourbillon 11 d'Arnold & Son, l'aiguille battante est même façonnée en forme d'ancre émaillée en bleu, un hommage explicite à la généalogie du mécanisme. Les secondes rétrogrades, comme dans la Chronoswiss Pulse One, suivent plutôt un arc linéaire : l'aiguille avance pendant trente secondes puis se repositionne instantanément au point de départ, un comportement qui nécessite un système de ressort de rappel et une géométrie du train construite spécifiquement.
Les secondes arrêtables, c'est-à-dire l'arrêt de l'aiguille des secondes en tirant la couronne, est aujourd'hui considéré comme une exigence minimale sur toute montre orientée vers la précision quotidienne : cela permet de synchroniser le mouvement à la seconde exacte sans devoir attendre le passage des aiguilles. Techniquement, cela fonctionne en insérant une lame qui touche le balancier ou le coq du balancier, bloquant son oscillation. Certaines conversions, comme celle de Stowa sur le calibre Unitas 6498-1, déplacent les secondes originellement à 6 heures vers le centre du cadran, opération qui nécessite de percer la roue des minutes, d'ajouter un renvoi d'engrenage et de monter un pont supplémentaire avec sa propre pierre. Ce n'est pas une modification triviale, et ceux qui la font sans connaissances appropriées risquent de compromettre l'engrènement des roues.
La forme de l'aiguille des secondes a aussi une valeur historique : le passage de l'aiguille droite avec contrepoids de la première version de la Rolex Milgauss à l'aiguille en forme d'éclair de la 6541 est devenu, au fil du temps, l'une des références les plus citées dans la lecture des variantes vintage.