La cage est le cœur physique du tourbillon : une structure rotative qui abrite le balancier, l'arbrie de palette et l'échappement, effectuant une révolution par minute — ou tous les trois, dans certaines solutions — pour compenser les erreurs de marche induites par la gravité lorsque la montre est en position verticale. Le poids de la cage est la variable critique. Une cage lourde consomme de l'énergie pour tourner, épuise la réserve de marche et charge le rouage. C'est pourquoi le titane est devenu le matériau de référence : le calibre Breguet 581 et le Tourbillon 2 d'un autre constructeur atteignent des cages de 0,29 grammes, une valeur qui réduit l'inertie au point de permettre des réserves de marche dépassant cinq jours.
Le support structurel de la cage divise les architectures en deux familles. Dans le tourbillon classique, la cage est maintenue par des ponts sur l'avant et l'arrière du mouvement. Dans le tourbillon volant — flying tourbillon — elle est ancrée d'un seul côté, sans pont visible depuis le cadran : moins de friction, vue dégagée du mécanisme, mais plus grande complexité d'équilibrage. Quand la masse n'est pas distribuée symétriquement, comme c'est le cas dans certains tourbillons volants à cage supérieure asymétrique, il est nécessaire d'insérer un contrepoids caché sous la cage elle-même.
L'Exo Tourbillon déplace le balancier en dehors de la cage, vers le haut. Le résultat est double : la cage s'allège davantage et le balancier peut être dimensionné au-delà des limites imposées par l'encombrement interne, avec plus de vis de réglage disponibles. Montblanc et d'autres constructeurs ont choisi cette voie pour gagner en précision sans augmenter l'épaisseur du mouvement.
L'inclinaison de la cage — comme dans le tourbillon à 30° de certains mouvements complexes — est un choix à la fois technique et esthétique : elle change l'angle sous lequel la complication est perçue et peut modifier la réponse aux positions de port. Le tourbillon armillaire pousse le concept aux conséquences extrêmes : la cage prend la forme d'une sphère armillaire biaxiale, avec rotation sur deux axes, se rapprochant de la compensation tridimensionnelle de la gravité.
Les secondes dead-beat sur certains tourbillons — l'avancement discret de la cage pas à pas chaque seconde plutôt que la rotation continue — ne sont pas une complication supplémentaire : c'est la façon dont la cage elle-même fonctionne comme indicateur de secondes, rendant visible le battement de l'échappement sans ajouter de pièces.