En horlogerie, le terme cage désigne deux structures techniquement distinctes : la cage du tourbillon et la cage de Faraday antimagnétique. Les confondre est une erreur courante, même parmi les passionnés.
La cage du tourbillon est le bâti rotatif qui accueille le balancier et le spiral. Breguet a breveté le principe en 1801 : en mettant le régulateur en rotation continue, généralement un tour par minute, on compense les erreurs de marche causées par la gravité dans les différentes positions. La cage traditionnelle est soutenue par un pont inférieur et un pont supérieur. Dans le tourbillon volant, le pont supérieur est éliminé et la cage est soutenue en porte-à-faux d'un seul côté : la visibilité du mécanisme s'améliore, le poids diminue, et la distribution des efforts mécaniques change de manière non triviale. J'ai démonté plusieurs tourbillons volants Piaget dans les années soixante-dix et quatre-vingts : la précision d'usinage requise pour maintenir une cage en porte-à-faux bien alignée est un ordre de grandeur supérieur au modèle classique. Il existe alors des variantes qui poussent le concept plus loin : le tourbillon à triple axe tourne autour de trois axes simultanément à des vitesses différentes ; le tourbillon armillaire adopte une structure sphérique rappelant les cercles célestes ; dans l'Exo Tourbillon, le balancier est positionné à l'extérieur de la cage, permettant un balancier de plus grand diamètre et une cage plus légère ; le tourbillon cylindrique adopte une géométrie cylindrique au lieu de circulaire. De Bethune a réduit la cage à 0,18 gramme avec 63 composants en titane. L'Octo Finissimo Ultra de Bulgari guide la cage latéralement avec neuf roulements à billes, éliminant les deux ponts et distribuant tout sur un seul plan horizontal pour maintenir l'épaisseur à 1,18 mm.
La cage de Faraday est au contraire un blindage antimagnétique : une structure en fer doux, parfois intégrée au boîtier interne, parfois construite comme une plaque sous le cadran, qui absorbe les champs magnétiques externes sans se magnétiser de manière permanente. Vous la trouvez dans l'Ingenieur IWC des années soixante-dix, dans la Rolex Milgauss, dans la Laventure Marine Type 3. Le fer doux fonctionne parce qu'il a une perméabilité magnétique élevée : le champ est canalisé dans le métal et dévié loin du mouvement. Il ne s'agit pas de bloquer le magnétisme, mais de lui offrir un chemin préférentiel qui contourne le mouvement.
Les deux cages n'ont rien en commun sauf le nom : l'une résout un problème gravitationnel, l'autre un problème électromagnétique.