Almanacco del Cinturino

Spirale in silicio

Le spiral en silicium n'est pas une amélioration progressive : c'est un changement de paradigme dans la régulation du mouvement. Le composant traditionnel — une lame d'acier enroulée autour de la tige du balancier — fonctionne bien, mais souffre de trois ennemis historiques : le magnétisme, les variations de température et le besoin de lubrification. Le silicium les élimine tous les trois d'un coup.

Le matériau est obtenu par photolithographie, la même technologie des semi-conducteurs. Il n'est pas forgé, ni étiré : il est gravé. Cela permet des géométries impossibles avec les métaux, notamment la courbe terminale intégrée dans le même plan du spiral — une solution qui améliore l'isochronisme sans soudure ni ajout de masse. Le brevet original, déposé au début des années 2000 par un consortium incluant Rolex, Patek Philippe et le CSEM suisse, a désormais expiré, et aujourd'hui le spiral en silicium est adopté par Tudor dans les calibres MT5201, MT5412 et MT5633, par Tissot dans le Powermatic 80 Si, par Rolex dans le calibre 7140 avec sa variante propriétaire Syloxi, par Glashütte Original dans les calibres de la série 36, et par de nombreux mouvements ETA et dérivés dont l'STP 1-21, certifié COSC.

À l'établi, la différence par rapport à l'acier se mesure immédiatement : il n'y a pas d'huile à appliquer sur le spiral, ce qui élimine une source de dérive à long terme. Le spiral en acier, en vieillissant, absorbe ou perd le lubrifiant et change de comportement ; celui en silicium ne le fait pas. La stabilité thermique est garantie par un coefficient d'expansion quasi nul dans la plage de température considérée. L'antimagnétisme est intrinsèque : le silicium est paramagnétique par nature, non par traitement de surface.

Des limitations existent. Le silicium est fragile — un choc sec sur le bord du cristal lors de la révision peut casser le spiral, tandis que celui en acier se déforme et parfois se récupère. Le coût de production reste élevé pour les petits lots, et tous les constructeurs de spirals traditionnels n'ont pas investi dans l'équipement nécessaire. Des alliages comme le Nivachron ou l'Anachron restent compétitifs sur les volumes moyen-élevés. Mais là où une certification antimagnétique élevée est requise — 15 000 A/m et plus — le spiral en silicium est aujourd'hui la solution la plus directe.

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